Hommages à Henri MORI (1933-1994)
Sculpteur animalier

Dans la cour, devant la galerie, il ciselait dans la pierre, sous un lattis de bois qui le mettait à l’abri d’une trop grande lumière. Ainsi, entre deux coups de maillet, quand le ciseau reste en suspens pour laisser à l’œil le temps de pénétrer la pierre, de voir ce qui sera, d’imaginer la ligne idéale, j’apprenais… (P. Placet)

J’aperçois tout à coup deux yeux qui flamboient…
Les yeux de ce loup, qui semblent plus sortis d’un fourré que de la pierre, ces yeux à la fois pleins de détermination et de fierté.
Ha ! je t’ai bien compris, sauvage voyageur «et ton dernier regard m’est allé jusqu’au cœur» semble dire l’artiste se rappelant le vers de Vigny, tant il a su rendre ses yeux expressifs … (Alice LEGENDRE)

Qu’il soit félin, docile ou fauve, c’est un mouvement, un regard, un hymne à la vie, un écho modeste et naturel, entre les coups du maillet et les poses imprévisibles de ses modèles… la pierre se faisait tendre et se laissait dompter sous ses rages ou sous ses caresses… (C. Delord)

Si l’oiseau (inachevé) reste prisonnier de cette pierre …c’est que l’artiste a dû déposer ses outils au pied du socle pour s’en aller sculpter les nuages entre deux arcs-en-ciel… Nous garderons l’image de cet amoureux des formes qui, les soirs d’été, devant la galerie, métamorphosait une pierre en ours, en tortue, en canard, au gré de son inspiration… (J. Hurtaud)